
«Les hirondelles de Kaboul», de Yasmina Khadhra, reste un roman commercialement retentissant. Son écrivain, d’origine maghrébine, tisse une fiction se déroulant à Kaboul et y dévoile les dérives d’un régime taliban totalitaire et cruellement répressif.
Ce roman de 148 pages, qui se lit d’une seule traite, est prenant. C’est à Kaboul, dans une ville meurtrie où les Talibans sèment la terreur, que vit Atiq, un geôlier ayant perdu le goût de vivre auprès de Mussarat, sa femme malade. Mohsen et sa belle épouse, Zunaira, tentent d’affronter la misère quotidienne, en rêvant du bonheur de leur vie passée. Au milieu des exécutions, des lapidations, de la violence et du désespoir, ils tentent malgré tout de se préserver. Mais parfois la volonté ne suffit pas… La lecture s’annonce d’emblée déchirante, d’après la thématique commune propre à ce livre et à son contexte.
Khadhra insuffle la vie à des personnages épars, divers, esquissés dans les détails et ayant grandi dans une culture et un univers brisé, autre et loin de celui de l’écrivain et auquel il nous a habitué. Khadhra fait voyager ses lecteurs dans des contrés lointaines à travers ses livres, mais cette immersion en Afghanistan est violente.

Khadhra s’adonne à une description attrayante de ces personnages et de leur contexte chaotique : désespoir, mélancolie, accablement, comportements douteux, une vie réprimée, un quotidien clos… Une noirceur littéraire qui reste foncièrement attachante. Une certaine beauté émane de personnages profondément repoussants initialement, mais qui évoluent différemment, dans un sens convenable et qui est juste, comme c’est le cas du personnage principal Atiq. Ce roman reflète sensibilité et aspects humains de ces personnages, résistant à l’enfer des Talibans, dans un pays déchiqueté par la guerre depuis plus de 50 ans. Le récit de Khadhra se focalise par moments sur les horreurs subies par la femme afghane au quotidien et rend sensible des personnages plus que d’autres. «Les hirondelles de Kaboul» est un hymne à leur courage et à leurs combats quotidiens, et une réflexion littéraire sur la notion du courage, de la liberté et de l’appartenance à une nation. «Les Hirondelles de Kaboul» a été adapté en un film d’animation franco-suisso-luxembourgo-monégasque, réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, sorti en 2019. Le livre est paru en 2002.